Mes grands-parents maternels

Des personnes courageuses, honnêtes et dévouées

Mon grand-père maternel, qui s'appellait Michel BUSCEMA, était né à Tunis (Tunisie) en août 1913 et vient de nous quitter en septembre 2008, juste après avoir fêté ses 95 ans. Grâce à sa très bonne mémoire, qu'il a conservée jusqu'à la fin de sa vie, j'ai pu rassembler quelques éléments marquants de sa vie, que j'ai envie de présenter rapidement ici.

Les parents de mon grand-père étaient nés en Sicile, à Modica (ceux de ma grand-mère étaient eux aussi nés en Sicile, à Comiso). L'espoir de meilleures conditions de travail les a poussés à quitter la Sicile en 1910 pour la Tunisie, où ils se sont installés, ont fondé une grande famille et ont vécu la majeure partie de leur existence. Si mon arrière grand-père est décédé en Tunisie, sa femme est partie pour la France au moment du départ d'une partie de notre famille, en décembre 1958, mais elle n'y a vécu qu'un an, avant de s'éteindre.

Mon grand-père s'était marié en octobre 1938 avec Joséphine, dont je parlerai plus loin, et quatre magnifiques enfants sont nés de cette union : Jeannette (ma mère), Sauveur, Gilda et Eliane. Il a commencé à travailler à la centrale électrique de la Goulette (Tunisie) puis a obtenu en 1958 une affectation à l'usine GDF de Marseille. Il a donc travaillé une grande partie de sa vie pour « Gaz de France », dont il a été un heureux retraité pendant plus de 35 ans, presque une carrière !

Mon grand-père a eu dans l'ensemble une vie plutôt paisible, qu'il a entièrement consacrée à sa femme, ses enfants et à sa grande famille. Je ne sais pas si cela est dû à ses ascendances siciliennes, mais même si mon grand-père n'a jamais été très démonstratif et ne nous a pas souvent parlé de lui, sa vie entière a été menée dans le respect de valeurs qui avaient une importance primordiale à ses yeux, mais qui sont malheureusement un peu dépassées de nos jours : l'honneur, l'honnêteté et le respect d'autrui.

Mon grand-père et ma grand-mère Joséphine (née BAGLIERI) avaient fêté leur 66ème anniversaire de mariage en octobre 2004, cinq mois avant que ma grand-mère ne nous quitte brutalement au mois de mars 2005, à l'âge de 86 ans. Même si le départ de nos anciens est une chose inéluctable à laquelle nous sommes inconsciemment préparés, le décès de ma grand-mère a laissé dans le coeur de chaque membre de notre famille un vide inversement proportionnel à sa taille. En effet, même si elle ne mesurait qu'un mètre cinquante et si nous la taquinions souvent par rapport à sa taille, elle occupait beaucoup d'espace et était un peu le « clown » de la famille.

Quand je pense à elle, j'entends encore les youyous (cris de joie que poussent les femmes du Maghreb) qu'elle nous offrait à chaque grande réunion de famille. Je la revois également vider d'un seul trait son verre de vin ou de pastis sans eau pour nous impressionner pendant les repas de famille, ou encore courir après mes oncles pour les asperger d'eau ou leur tartiner le visage avec un belle portion de pastèque, pendant nos journées d'été passées au cabanon familial, près de Rognes. Je la revois enfin cachée sous la table, essayant de nous tirer les poils des jambes alors que nous étions déguisés en Père Noël et étions en train de procéder à la distribution des cadeaux aux enfants, pendant la soirée de Noël. C'est comme ça que j'ai envie de revoir ma grand-mère et je garde précieusement dans ma mémoire toutes ces petites images et ses nombreuses pitreries, qui n'étaient que la partie émergée d'une femme qui débordait de gentillesse, de douceur et de dévouement.

Je mets à disposition de tous les membres de la famille qui connaissaient mes grands-parents un petit film tourné le 25 octobre 1998, à l'occasion de leur 60ème anniversaire de mariage. Durant la fête organisée pour ce bel évènement familial, tous les petits et arrière-petits-enfants leur avions chanté une chanson sur l'air du « Sud », de Nino Ferrer, avec des paroles spécialement écrites par ma cousine, Fabienne COCHINI. Pour visualiser ce petit film, cliquez sur ce lien.